Feuille de route
Objectif 1

 

"Démarches plastiques ayant partie liée avec l'engagement citoyen"
Le Quartier Midi

 

Depuis des mois, l'autorité politique reste plus ou moins sourde aux conséquences humaines relayées depuis récemment par le Comité de Quartier Midi, du projet immobilier mené par la Région dans le bas de Saint Gilles. Depuis bientôt 15 ans, 4 blocs situés à proximité immédiate de la gare du Midi sont condamnés par la Région, sans que les investisseurs, sensés construire des bureaux et générer des ressources fiscales pour la Commune ne se présentent sur un marché bruxellois saturé pour les bureaux. En conséquence, les habitants, locataires ou propriétaires, aux revenus souvent extrêmement bas, subissent les conséquences de la dégradation du quartier et de leur habitat, sans que pour autant de véritables solutions de relogement soient proposées, alors que les prix de l'immobilier flambent. Cet échec urbanistique et démocratique majeur, fut un temps qualifié de « petit Manhattan » par ses promoteurs ­ comme si la destruction du Quartier Nord et de quelques autres, notamment le Quartier Léopold (100% des habitants du Quartier Léopold ont eu à vérifier que l'Europe ce n'est pas la paix et la prospérité pour tout le monde !) constituait pour certains un exemple à suivre ! Dernier épisode en date : la SA Bruxelles-Midi, société mixte contrôlée par la Région et qui a le monopole d'achat sur la zone du PPAS a envoyé ses offres amiables à ces petits propriétaires, avançant des prix défiant toute concurrence, puisque qu'on ne saurait dans la plupart des cas acquérir même un appartement avec les sommes proposées pour une maison de trois étages. Quant au plan d'expropriation, il arrive à échéance cet été 2006... Spéculant à la baisse, la SA Bruxelles-Midi n'a toujours engagé aucune expropriation... Au-delà, s'agissant d'une politique régionale, le cas du quartier Midi pose des questions angoissantes quant à l'avenir de tous les Bruxellois. Peuvent-ils compter sur l'autorité publique qu'ils élisent, qui a adopté les méthodes, si ce n'est les objectifs, du privé (il est vrai en général pas si privé que cela), pour les protéger de la pression immobilière ? Lorsqu'on lit, par exemple, sous la plume de Philippe Jaspers, architecte urbaniste on ne peut mieux introduit sur les marchés bruxellois et dans les cabinets « L'Europe sera pour nous, architectes urbanistes, ce qu'ont été pour nos prédécesseurs les grands incendies et les tremblements de terre », habitant du Quartier Midi ou d'ailleurs, on aimerait être rassurés et surtout avoir son mot à dire... Le bourgmestre empêché, qui s'est refusé à ce jour à toute rencontre avec le Comité du Quartier Midi, étant l'initiateur de ce projet et surtout le Pt de la Région, on comprendra que les artistes, incités par des irresponsables à « la dénonciation de l'appareil politique » ait souhaité porter sur la place publique des interrogations démocratiques légitimes. Deux interventions censurées dès le début de l'exposition, abordaient cette thématique : le texte de Bendyglu, membre du comité Quartier Midi, « Etant connement » et trois dessins d'Emmanuel Tête réalisés pour le Comité du Quartier Midi bien avant l'exposition, faisant l'objet d'affichage sauvage à St Gilles et aux fenêtres de certains habitants.

 

Plus d'infos : www.quartier-midi.be et dans la rubrique Vidéo a(rt)ctivisme

 

Sans-papiers de l'église Saint Boniface

 

Les interrogations des artistes portant essentiellement sur les problématiques urbaines et la publicité, l'idée était née de confier aussi à de « vrais » militants l'espace d'affichage que nous croyions avoir obtenu dans les panneaux Decaux grâce au poids de la Commune. Et d'autant plus que cette idée d'inviter des groupes ne se définissant pas prioritairement comme artistes dans une exposition A(rt)ctivisme ne semblait pas avoir effleuré les organisateurs. Les « Gueules d'Amers » de l'Assemblée des Voisins se sont imposées naturellement, à la fois par leur qualité, le travail remarquable et épuisant des militants, toujours à recommencer, et surtout la cause au sujet de laquelle un « basculement des consciences » est plus que jamais urgent. Sans doute moins du grand public, « le racisme supposé du peuple » ayant bon dos, que des responsables politiques qui, toutes familles politiques confondues, ont noué les conditions qui fabriquent des sans-papiers exposés à toutes les précarités, toutes les exploitations et à la violence d'État. Les visuels de « Gueules d'Amers » auraient dû faire leur apparition les quinze derniers jours de l'exposition. C'est donc devant les résultats de la réunion de conciliation avec les responsables de Decaux et l'administration communale qui nous privaient de tout espoir de continuer notre travail sous cette forme, que nous avons proposé de passer immédiatement à « Gueules d'Amers ». Nous avons rapidement compris, à voir la mine du responsable de l'administration communale que la question des « sans-papiers » était de celles qui fâchent au plus haut niveau... [voir la rubrique dénonciation de l'appareil politique]

 

Et pourtant... Ces affiches ont fait leur apparition dans de nombreux magasins et l'exposition a les honneurs du site officiel de la Commune d'Ixelles.

 

Document : La Charte de l’Assemblée des voisins

 

L’Assemblée des Voisins (AV) se constitue afin de prendre publiquement position sur la question des Sans-papiers, leur apporter un soutien et sensibiliser les habitants des quartiers. Elle se constitue afin de rendre visible la situation des Sans-papiers.

 

Le terme « voisin » implique une proximité mais ne circonscrit pas les actions dans un périmètre rigoureusement géographique. L’AV constate que des sans-papiers existent partout, dans tous les quartiers et communes de notre pays. Les voisins de l’AV se sentent concerné par ce qui se passe dans leur environnement. De nombreux citoyens anonymes de ce pays se solidarisent avec des sans-papiers qui vivent dans leur entourage. Ils forment une voix silencieuse importante qui doit être prise en compte.

 

Les voisins de l’Assemblée prennent en considération la souffrance des voisins sans-papiers qu’ils considèrent comme des personnes « désaffiliées ». Ils sont témoins des difficultés que vivent les sans-papiers et leur viennent en aide. Ils se solidarisent avec eux et leur offrent protection. La solidarité et la protection qu’offrent les membres de l’AV ne se veut pas honteuse, cachée, invisible. Les voisins, en prenant le risque de s’afficher, posent consciemment un acte public et politique.

 

En posant cet acte publiquement, les voisins récusent toute sanction qui pourrait être prise à cause de leur solidarité avec les Sans-papiers. Le droit de s’associer pour se protéger et défendre ses intérêts est un droit fondamental inscrit dans toutes les déclarations ou conventions au sujet des Droits de l’homme. En outre, en rendant cet acte public, l’AV affirme que la question des sans-papiers est une question centrale aujourd’hui et refuse l’enfermement, les barbelés, l’étouffement qui menacent aujourd’hui les Sans-papiers.

 

Les voisins refusent la criminalisation des sans-papiers qui, d’une part, a pour objectif de disqualifier la question sociale posée par eux et a des effets désastreux sur leur vie sociale et réelle et, d’autre part, amène à des dérégulations de nos systèmes sociaux. La clandestinité en effet, force les sans-papiers à trouver des moyens de subsistances qui les amènent à être l’objet de pratiques inacceptables proposées par des réseaux d’acteurs économiques qui tirent profit de leurs faiblesses (travail au noir, avocats peu consciencieux, marchands de sommeil, prostitution, etc.)

 

Dans cet état d’esprit et du fait de la connaissance proche de ses voisins Sans-papiers, l’AV veut contribuer à sortir les sans-papiers de leur isolement et à donner une image plus juste d’eux et de leurs conditions d’existence : ce sont des êtres humains en recherche d’une vie meilleure. L’AV des voisins, outre son action solidaire et la protection qu’elle propose, mène un travail culturel et éducatif en organisant la rencontre entre sans-papiers et voisins des quartiers à travers des actions, manifestations, débats, etc.

 

L’AV refuse la criminalisation de personnes en détresse, victimes d’un système d’inégalité qui se mondialise. Pour l’AV, le sans-papiers est une forme contemporaine réactualisée et mondialisée de la très vieille question sociale. Les frontières des États nations ne répondent plus aux flux humains imposés par la mondialisation économique, culturelle, sociale, politique, écologique. N’acceptant pas qu’on puisse aller sous le seuil d’ inacceptabilité que sont les droits de l’Homme, l’AV est toutefois consciente que l’institution politique actuelle ne peut mettre en œuvre l’universalité des droits de l’Homme dans le cadre borné des État nations.

 

L’AV n’a pas de solution toute faite mais, refusant la criminalisation du Sans-papiers, elle refuse également que l’on élude cette question historique. C’est pourquoi l’AV estime qu’il est nécessaire d’utiliser toutes les ressources intellectuelles, créatives, artistiques, techniques, solidaires aux fins de contribuer, à partir de ce problème, à l’invention d’un vivre ensemble qui aujourd’hui se joue localement et globalement sur la planète.

 

La solidarité que les voisins proposent de manière modeste contribue en soi à cette invention à partir du niveau local, mais les voisins sont conscients que les enjeux sont également mondiaux.

 

L’AV s’organise localement en Assemblées locales (Ixelles par exemple...) Les AV locales s’organisent en l’AV pour les Sans-papiers. L’action de l’AV est une action citoyenne et autonome, elle n’est engagée dans aucun mouvement politique ou idéologique. Elle s’inscrit dans une démarche collective, dans une action qui tient compte de la situation de proximité dans laquelle elle se situe.

 

L’AV est un mouvement de citoyens libres et indépendants, sans hiérarchie, où chacun contribue à l’action en apportant ses compétences comme outil.

 

L’action de l’AV se mène en toute transparence.

 

L’assemblée des voisins contribue à influencer les politiques locales, régionales, fédérales, européennes en contribuant à la recherche de solutions à cette nouvelle question sociale.

 

lien : http://www.sitesvoisins.be/La-Charte-de-l-Assemblee-des