Feuille de route
objectif 3

 

« Dénonciation de l'appareil politique »
Sur l'affiche qui a fait problème

 

Il est « picquant » qu'au moment où le Parlement flamand votait la constitution européenne, ouvrant définitivement la voie à la ratification, ce soit l'affiche « 100% des Belges n'ont pas approuvé le hold-up néolibéral européen » qui ait mis une multinationale dans tous ses états. C'est un de ses frères ennemis de l'oligopole de l'affichage public qui avait obtenu, quelques mois plus tôt, la campagne propagandiste « 70% des Belges sont pour la constitution européenne, voici pourquoi ». Non moins « picquant », qu'une paire de chaussures ait semé la panique, alors que le tocsin sonné contre ce traité constitutionnel a été peu ou pas entendu. Certainement pas de nos représentants parlementaires en tous cas, dont l'unanimisme révèle surtout leur soumission à la discipline de parti. Lorsque nos voisins français décèlent cette attitude chez leurs députés, ils utilisent précisément le terme de « godillots »... Dans ce moment important, on ne notera jamais assez que le coup de téléphone d'un fabriquant de chaussures de luxe, aura abouti, en quelques heures, à la disparition des deux seules affiches qui avaient réussi à se frayer un chemin dans un type d'affichage équivalent à celui utilisé pour la campagne « 70% des Belges », payée rubis sur l'ongle avec de l'argent public...

 

Sur lèse-majesté


« Lorsque je vois l'iris, je vois la tête de Charles Picqué ». Cette phrase prononcée par le Directeur du centre culturel Jacques Franck, par ailleurs élu communal sur la liste du Bourgmestre, pour justifier du retrait de trois affiches réalisées pour le Comité du Quartier Midi et utilisant le symbole de la Région ouvre à une autre question politique, naïvement révélée par notre participation à l'exposition a(rt)ctivisme, celle, tout simplement, de la démocratie représentative. Non, l'iris n'est pas assimilable au Président de l'exécutif régional, elle symbolise bien évidemment aussi le Gouvernement, le Parlement de la Région de Bruxelles Capitale, et ceux qu'ils « représentent », l'ensemble des Bruxellois ! À ce titre, le symbole est libre de droits puisqu'il nous appartient, à la différence, et c'est bien regrettable, de certaines paires de godillots. La censure du texte loufoque d'Olivier Drouot pour cause d'abus de « sauce picquante » [et non d'une assimilation de « picqué » à « voleur » comme l'a suggéré malhonnêtement le directeur du centre culturel à un journaliste de la RTBF] démontre aussi les risques de ridicule auxquels les courtisans peuvent exposer un homme public, bien plus que les artistes... Et les Molière (les patronymes ont évidemment été changés) n'ont fait que que la satyre ce phénomène qui contribue à la déconnexion des mandataires et de ceux dont ils tiennent leurs mandats.