Transcription de la négociation entre PPTL, Diables Roses, Jacques Franck (André Golberg et Thierry van Campenhoudt), Jean Spinette et la société Decaux

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Jean Spinette - Je connaissais plus ou moins votre plaidoyer mais j'ai eu l'occasion de l'écouter sereinement... Je pense honnêtement que le fait que vous évoquiez que dans le cas des faces publicitaires vous soyez dûs à ce devoir de réserve d'éviter les questions politiques, les questions politiques dans le sens restreint du terme entendons-nous parce que tout peut être politique, et donc que cette contre-partie vaut aussi pour l'autre face. Et c'est vrai qu'en termes de réglementation de l'affichage à nature politique sur notre territoire comme cela a pu être le cas avec des affichages sauvages ou des collages d'auto-collants d'extrême-droite sur le territoire, nous avons pu opérer des sanctions parce qu'ils faisaient de l'affichage
1)qui n'était pas prévu à cet effet ;
2) à caractère politique et inspiration à la haine. Je pense que dans le contexte prudentiel et j'entends bien votre logique prudentielle, moi, et à mon avis j'obtiendrai confirmation de l'équipe politique du Collège en la matière ou en tous cas de la Bourgmestre qui a plutôt vocation à l'ordre public et qui garde la culture dans ses compétences. Je pense, je m'avance peut-être pour elle, mais en tous cas, moi, en tant que responsable du service de la culture et qui est responsable techniquement de l'affichage, je ne connaissais pas ces données. C'est la première fois qu'on est confrontés à cela. Quelque part en lien avec le directeur du centre culturel Jacques Franck, je pense que nous assumons là-dessus nos responsabilités, mais là je parle en mon nom, j'estime que nous sommes border line et nous pouvons susciter là des appréciations diverses, avec l'ensemble de ce qui peut être des problématiques de discussion, d'affirmations politiques dans des espaces qui ne sont pas destinés à cet effet. Moi je pense que de mon côté je vais devoir faire marche arrière par rapport au projet. Et je n'étais pas venu, quoi que vous puissiez en penser, avec cet a priori à cette réunion-ci, j'étais finalement très ouvert, je pense qu'hier la discussion pour moi a été encore un sujet de discussion hier soir, j'y ai pensé encore une bonne partie de la soirée... Je pense honnêtement et pas spécialement pour ce projet-ci mais tout ce qui pourrait faire que ceci est un cas d'école et donc pourrait être utilisé comme un argument plus tard pour dire « mais vous avez fait ceci, donc pourquoi ceci ne pourrait pas se faire ? » Et alors où est-ce que va la surenchère et où on va ? Je ne veux pas créer... on a déjà un casus litis... je ne veux pas créer un précédent qui pourrait être dangereux avec des perspectives d'instrumentalisation dangereuses... Est-ce que c'est un manque d'audace de ma part ? Peut-être... Mais là honnêtement, pas spécialement pour sauver mes responsabilités, quoi que ma responsabilité professionnelle peut être mise en cause, je peux même retirer « peut », sera mise en cause... Je dis là clairement et je pense que je me ferai couvrir par une décision en la matière, ou en tous cas un aval, je pense que malheureusement on doit faire marche arrière... Je ne sais pas ce que vous en pensez au Jacques Franck, c'est la première fois que je suis confronté à ça où par rapport à un projet d'exposition ou autre on doit faire marche arrière...

bernard – ça veut dire quoi faire marche arrière ? Concrêtement, les faits...

Jean Spinette – qu'on n'utilisera plus les Decaux pour l'exposition

Frédéric – Donc le travail qu'on a fourni dans le cadre d'une convention qui prévoyait qu'on avait un lieu d'exposition à disposition, tout cela est annulé, on a travaillé pour rien...

Jean Spinette – C'est un lieu d'exposition qui n'est pas destiné à ces débats...

Frédéric – J'entends bien, mais nous n'étions pas au courant, c'est vous qui nous l'annoncez, vous nous avez promis un lieu...

Jean Spinette – Moi je l'apprends aujourd'hui...

Frédéric – Quoi qu'il en soit nous nous avons fourni un travail, nous avons investi du temps, de multiples réunions, et maintenant tout ça, hop, est négligé...

Jean Spinette – Négligé non... Honnêtement moi je pense que nous avons là un problème qui peut susciter juridiquement sur pas mal d'aspects, qui peut éthiquement susciter pas mal de débats et c'était peut-être l'objet de l'exposition... Je pense que sur des appréciations diverses du contenu que l'on peut donner à cette exposition, je dis que là en tant qu'opérateur public, nous ne pouvons pas nous permettre cet exercice. Et quant à la discussion d'hier, est-ce que nous avons les moyens de notre politique ?, et là aussi je pense que quelque part comme le centre culturel Jacques Franck est impliqué dans cette question et dans son rapport d'exposition, moi je pense en tous cas que par rapport à la mise à disposition d'espaces Decaux au centre culturel Jacques Franck pour faire de l'affichage, et bien là quelque part il n'y avait pas de clarté dans la définition ce qui allait être affiché... Je pense que sur cette expérience-ci il y a un problème... Je ne sais pas ce que tu en penses ?

T. van Campenhoudt – Je pense qu'on a déjà eu une ou l'autre discussion ensemble sur d'autres questions, d'autres cas et que effectivement on touche peut-être en tant que centre culturel à certaines limites... et il y en a beaucoup. On parlait tout à l'heure de contraintes, je pense qu'on a tous des contraintes. Moi plutôt que d'avoir une décision unilatérale et globale, moi je serai prêt à prendre un peu de temps, mais il faudrait pour ça que tout le monde ait le temps, et qu'on ait des débats sur les affiches, effectivement ça peut susciter un débat très long et où il y aurait beaucoup d'incompréhension sur des choix, une certaine subjectivité...

Olivier – un débat intéressant en même temps...

T. van Campenhoudt – oui, je sais pas si vous êtes prêts à prendre ce temps là... Je n'ai pas vu les 14 affiches par semaine...

Olivier – je me demande à quel endroit la décision est prise...

T. van Campenhoudt – Par définition l'endroit où la décision est prise est l'endroit de la propriété... Alors on peut commencer à discuter du sens de la propriété dans notre monde machin mais bon... Decaux est responsable de ses panneaux quoi qu'on en dise, quoiqu'on en pense... Alors j'avais dit ça à Jean, c'est comme si un propriétaire dit « je vous prête ma maison »...

bernard - Ils ne sont pas propriétaires, ils louent à la Commune un morceau de trottoir, ils sont locataires, ils sont les invités de nous, St Gillois... Vous êtes élus tous démocratiquement... Ben vous responsables politiques

Jean Spinette – moi je suis pas responsable politique... je suis employé communal

bernard – Decaux sont nos invités, ils ne sont pas propriétaires du trottoir...

Decaux – Vous avez raison...

bernard – Vous êtes locataires... Vous êtes les invités des St Gillois...

Decaux – Tout à fait

bernard – Donc ça renverse un peu la situation...

Jean Spinette – St gilles a une concession sur... et d'autres. On peut en disserter pendant des plombes... Je pense honnêtement qu'on a un souci...

Manu – mais ce souci c'est juste cette affiche là... S'il y avait pas eu ce problème-là, l'exposition elle aurait eu lieu, y'aurait eu zéro problème...

Jean Spinette – La problématique aurait pu être soulevée avec cette affiche-ci aussi, parce que des gens peuvent peut-être être choqués par cette question là aussi, comme sur l'OTAN ou sur d'autres positionnements... Toutes ces affiches suscitent des appréciations diverses et par rapport à l'effort de neutralité et en tous cas, pas d'apolitisme mais en tous cas d'éviter de susciter le débat, ce que nous avons fait, alors que les Decaux évitent ou cherchent tant qu'est possible d'éviter cette question, nous avons manifestement instrumentalsé pour cette exposition n outil qui n'était pas destiné à cet effet...

Manu – Si on veut être neutre alors on enlève toutes les affiches dans l'espace public... c'est le seul moyen d'être neutre... Chaque affiche, quelle qu'elle soit, quoi qu'elle raconte, elle a un message...

André Golberg – Je pense qu'il ne faut pas être aussi radical...

Jean Spinette – Ma responsabilité professionnelle et personnelle est engagée...

André Golberg – Oui mais attends...

Frédéric – L'association 11 11 11 fait concurrence à beaucoup de sociétés multinationales dans le Tiers Monde et les dérange...

André Golberg – Mais non revenons à notre préoccupation ici qui est de continuer cette exposition d'art contemporain jusqu'à son terme...

Frédéric – Oui excusez-moi, c'était une digression...

André Golberg – Il faut savoir que les affiches font partie de l'exposition que nous organisons au centre culturel. Moi j'ai déjà remercié plein de fois Jean pour sa compréhension et son aide... Je ne veux pas être en conflit, mais je ne peux pas être de ton avis de dire « on arrête tout... » C'est deux fois radical, une fois c'est vous [Decaux] et après c'est la Commune. Donc moi en tant que responsable de l'exposition je me sens doublement interloqué... Et donc je me dis, c'est vrai que tous ces messages posent des questions et ça c'était le but de cette exposition. Donc en ce sens pour moi être arrivé jusqu'ici pour moi c'est déjà une réussite... Mais les artistes ont accepté que tous les jeudis nous nous voyons et que je donne mon avis sur les affiches... et il y a des choses que moi-même, bien avant l'exposition, bien avant l'édition du catalogue... J'ai refusé un texte de Benoit et un autre d'Olivier... Donc faut pas croire qu'on laisse tout faire et qu'on dit aux artistes « allez-y ».Thierry a eu une discussion avec PTTL par rapport à certains affiches. Donc on essaye de cadrer les choses pour que ça ne déborde pas... Donc ici, c'est vrai c'est ma responsabilité, j'ai vu ces affiches et j'ai donné mon accord. Parce que en ce qui me concerne moi, j'ai pas dit que j'étais d'accord sur tout, mais je me dis qu'elles posent des questions sur des choses qui font partie des questionnements aujourd'hui dans les sociétés occidentales... maintenant il y a des choses qui sont beaucoup moins politiques, alors est-ce que les artistes acceptent de continuer l'exposition avec des choses qui ne sont pas polémiques...

bernard – Mais Jean a donné l'arrêt de l'exposition...

André Golberg – Non non non, peut-être Jean peut changer encore... en disant est-ce que des choses qui ne sont pas polémiques et qui restent malgré tout des questionnements intéressants... des choses des fois poétiques, parce qu'il y a des choses purement poétiques parfois dans les propositions des artistes...

bernard – Est ce qu'on peut faire de la poésie ?

André Golberg – Est-ce qu'on dit stop ou on recentre encore ? Mais on a envie de continuer, l'expérience jusqu'à son terme, même si on doit... enfin moi je vous demande à vous...
bernard – On va dessiner des fleurs ? Attendez... Vous êtes en train de vous laisser aller, parce que ce qui se passe, c'est que les producteurs de la publicité qui font de la propagande commerciale et qui envahissent l'espace public viennent dicter à la culture ce qu'elle peut faire... Vous représentez l'inverse de la culture, l'inverse total... Vous n'avez aucune légitimité pour regarde la culture et porter un regard dessus...

Decaux – je suis d'accord, je suis d'accord...

bernard – mais je suis scandalisé que vous arriviez à la proposition qu'il n'y ait plus que la propagande comemrciale qui soit légitime dans la commune de Saint Gilles...

Jean Spinette – Sur l'affichage Decaux, honnêtement sur l'affichage Decaux et l'utilisation de la face communale de l'affichage Decaux, clairement auparavant l'utilisation était restreinte et on avait que des petis messages d'intérêt commercial ne suscitant pas une quelconque controverse avec le petit personnage gentil qui balaye la rue et qui dit « gardez une commune propre », je pense malheureusement que par rapport à ces affichages et j'avais dit aussi qu'une de mes craintes était que si ça se passait mal ça pourrait malheureusement desservir le secteur culturel qui profitait jusqu'alors de cet affichage et on va peut-être être obligés de revenir à un affichage plus neutre du type plan de ville ou message bête et méchant d'intérêt général.

Olivier – Je reprends les mots que tu utilisais au début, tu disais que tu ne voulais pas créer un précédent qui soit préjudiciale, mais en fait pour moi c'est un vrai précédent que tu crées avec cette décision qui à mon sens peut-être très préjudiciable... c'est ça qui est en jeu...

Jean Spinette – Je t'entends, mais vous à la limite en termes de liberté artistique vous n'aurez peut-être pas de problème, par contre moi à titre professionnel et personnel, oui. Et la Commune aussi...

Olivier – Mais en prenant cette décision là aussi...

Jean Spinette – Donc quelque part peut-être que je suis pris en otage... effectivement. Et donc je fais quoi ? En termes de risque entre deux maux, je fais quoi ? Parce que c'est ma responsabilité professionnelle qui est mise en cause, pas la vôtre...

Frédéric – Excusez-moi mais cette exposition a été annoncée. Des gens dans un autre monde qui est le monde de l'art et ne vous concerne pas, eux ils sont au courant que nous faisons une exposition, que nous avons des accrochages, ils viennent voir... Ah y'a rien ! On a un discrédit.

bernard – On a un discrédit professionnel...

Jean Spinette – ça peut aussi être une expérience plus euphémère que prévue...

Frédéric – Un artiste il lui arrive ça deux fois, on ne travaille plus avec lui, il va être viré. Vous devez pas croire qu'il n'y a que vous qui avez une carrière à faire dans la vie. Nous devons pouvoir faire notre métier...

Jean Spinette – on est d'accord, on est tout à fait d'accord...

Frédéric – Alors vous êtes intervenu pour prendre sur vous l'annulation qui était quasiment dans le contenu exprimé par monsieur...

Jean Spinette – Je ne prends pas sur moi, quelque part je suis co-responsable, la société Decaux prend une décision parce que quelque part dans la convention c'est conçu comme tel, l'autre contractant c'est la Commune, je n'en suis qu'un organe, administratif, et là quelque part nous avons un stud, alors moi je veux bien, ça peut être considéré de manière différemment appréciée, mais moi le problème c'est que je dois trouver une solution la plus neutre pour aterrir...

bernard – Neutre ? Neutralisante, neutralisante !

Jean Spinette – Tout mot que j'utilise est retourné contre moi, je ne sais pas quel mot utiliser !

bernard – Mais enfin « neutre », c'est une blague la neutralité !

T. van Campenhoudt – Laissons parler le représentant de Decaux...

Decaux – la situation de M. Spinette n'est pas facile mais en ce qui me concerne, et c'était pas un exercice facile parce que je n'ai ni été formé ni mandaté pour m'exprimer sur des affiches donc à la limite c'est donc plus un Roland VanKerckove que vous entendiez par rapport à ses affiches que le représentant de l'entreprise Decaux. Donc c'est en mon nom propre que je m'exprimais et non au nom de mon entreprise. D'ailleurs si je devais officialiser ce que j'ai dit ce n'est pas moi qui le ferais ce serait l'administrateur délégué et je pense que même pour lui ce serait un exercice très difficile. Concrètement, moi pour ce genre de choses, je pense que il faudrait que le Collège qui est l'autorité gérante de la commune, s'exprime par rapport à ça, donc ça c'est une première chose. Ensuite un fois que le Collège s'est exprimé par rapport à l'ostensibilité et puis aussi par rapport à leur respect du contrat, alors ça passerait chez nous, nous on devrait nous aussi nous mêmes vérifier que la Commune a bien respecté ses contraintes contractuelles et le cas échéant on pourrait afficher. Ça ce serait la manière, c'est juste pour recadrer les choses au niveau purement formel par rapport...

Jean Spinette – il y a aussi des consultation qui s'imposent...

Decaux – ça aussi, voilà, c'était une parenthèse. Alors maintenant, par rapport au reste et je voudrais juste réagir par rapport à ce que vous avez dit. Je peux sincèrement comprendre votre frustration par rapport au fait que vous pouvez en tant que citoyen ressentir que la publicité peut être aggressive et que ces messages ne sont pas plus dérangeants et peut-être même... sûrement plus intéressants que des publicités dont nous sommes tous matraqués, mais il se fait qu'actuellement la société dans la quelle nous vivons tous accepte plus facilement, de manière moins polémique de vanter une poudre à lessiver que des choses qui sont considérées comme plus sensibles, et on le voit encore, l'actualité le montre avec ce qui se passe pour l'instant avec ces fameuses affiches et autres, c'est sensible. Et voilà et donc ça dérange apparemment une majorité de gens peut-être plus ce genre de choses là et c'est un dialogue où ça pose question plus et c'est de l'intérêt ! Malheureusement je le répète notre support n'est pas destiné à ce genre de choses et je le regrette pour vous parce que moi ça m'intéresse beaucoup plus ça qu'une publicité pour Orangina mais c'est malheureusement pas le lieu ni l'endroit. Et comme je sais pas si la RTBF ou la Libre Belgique ou la Dernière Heure ou le Soir afficheraint plus facilement une pub pour Orangina que ce genre de choses là.. C'st malheureusement quelque chose qui est... voilà. Et c'est pour ça que nous on a eu cette précaution, ce droit de réserve, depuis plus de 40 ans qu'on a ce genre de produits, dès le départ on a pressenti ce genre de problèmes et on mis dans nos contrats qu'on faisait pas ce genre de choses... Parce que vous mettez ce genre de choses-là mais alors pourquoi un groupuscule d'extrême-droite ne pourrait pas lui aussi faire passer un autre message. A partir du moment où on laisse la porte ouverte pour laisser notre support exprimer des messages qui sont border line avec du politique, ça laisse porte ouverte à d'autres choses et qui va être juge à ce moment-là ?

bernard- Mais attendez, il n'y a aucune attaque personnelle, il n'y pas pas d'incitation à la haine raciale, il n'y a pas de sexisme... C'est des questions posées

Decaux – je suis pas sûr à partir du moment où on emploie des mots démocratie, où on emploie des mots Führer, on emploie OTAN, c'est clair qu'on touche cette border line...

bernard – C'est hallucinant d'entendre des choses pareilles !

Frédéric – Est-ce que vous accepteriez une affiche sur laquelle on aurait écrit « vive la pub ! » ?

André Golberg – C'est à dire que si on avait affiché ça comme exposition...

bernard – Mais la question se pose dans l'espace public ! Qu'est ce que les gens peuvent voir dans l'espace public et qu'est ce qu'ils ne peuvent pas voir ?

Olivier – Ce qui est intéressant, je trouve que vous avez raison de dire que c'est vous même qui vous engagez par rapport aux affiches parce que ce qui est légitime artistiquement et quel est le lieu de l'art, c'est toute une histoire les artistes ont travaillé là-dessus et quels sont les lieux, sur quoi on peut travailler, après sans juger de la valeur des travaux, nous aussi on est dans le doute par rapport à la valeur, on fait notre travail et on a une légitimité par rapport au format et au lieu. Donc je préfère entendre que vous ne pouvez pas vous payer le travail d'une certaine façon plutôt que ce travail n'a pas de légitimité par rapport à ce n'est pas le lieu, ce n'est pas l'endroit... Parce que nous nous faisons notre boulot...

Decaux – Mais je suis entièrement d'accord. Je respecte... Honnêtement sincèrement, ce genre de débats je les trouve intéressants et j'aimerais bien les avoir en d'autres lieux et en d'autres circonstances et pas en tant qu'employé mais en tant que citoyen également, en tant que quidam, mais malheureusement y'a une contrainte qui est contractuelle et qui est d'ordre juridiqe... c'est touchy...

André Golberg – Mais est-ce que par exemple à quand même malgré tout si vous estimez que les affiches peuvent convenir à votre éthique à continuer jusqu'à...

Decaux – Ce serait un travail conséquent et très intéressant, je devrais aussi poser la question à ma direction générale mais je pense qu'a priori nous sommes assez ouverts quoi que certains puissent en penser... et voilà. Moi je n'ai pas d'exclusive négative par rapport à l'ensemble de ce projet, mais il faudra réaliser un écrémage important et il faudra veiller à respecter nos contraintes contractuelles et qui sont difficilement appréciables, j'avoue que sincèrement on a un peu un rôle de juge ou au moins de sélectionneur entre ce qui peut et ce qui peut pas et c'est très inconfortable pour moi ou d'autres chez nous d'avoir à se dire quand est-ce que c'est border line et quand est-ce que c'est over the line. C'est pas simple, ça pose question et c'st pas quelque chose à quoi je suis confronté tous les jours... Et je ne voudrais vraiment pas être considéré comme castrateur d'opinions et surtout pas d'opinions culturelles ou d'être affligé des termes que vous m'avez dit là tantôt, que l'entreprise était castratrice, ou anti-culturelle ou opposée à tout ce qui est culturel...

bernard – C'est la définition de la pub... c'est l'inverse de la culture...

Manu – Vous faites votre boulot...

bernard – c'est faire de la promotion de marque...

Manu – vous faites votre métier, bon en tant qu'acteur privé à la limite...

bernard – L'éthique du marketing, c'est vraiment...

Manu – Moi je trouve plus ennuyeux la position de la Commune par rapport à ces panneaux...

bernard – comment nous sommes lâchés...

Jean Spinette – Je suis pas lâché...

bernard – C'est nous qui sommes lâchés par la Commune et nous travaillons pour vous...

Manu – Parce que là c'est de la liberté d'expression dont il est question, et en plus dans l'espace public. Dire on fait marche arrière par rapport à ça, c'est faire marche arrière par rapport à la liberté d'expression...

André Golberg – Par rapport à l'expo aussi, c'est un élément important de l'expo...

Jean Spinette – On est tout à fait d'accord. Sauf que... ben c'est tout... je vous entends sur le schéma professionnel... Moi je dis simplement que je vais être mis en cause à titre personnel sur quelque chose qui aurait pu être bien sympathique et intéressant et artistiquement intéressant, et là quelque part moi je dis, il y a un risque sérieux... Et c'est un risque que personnellement je ne peux pas courir, je ne pense pas que je suis dans une option où la Commune me lâche... c'est que moi si je truque, je peux vous soutenir, mais c'est personnellement moi qui commets une faute professionnelle à ce moment là et c'est moi qui paierai les conséquences, on est tout à fait d'accord...Et à la limite y'a toutes les consultations juridiques pour voir jusqu'où on peut aller et qu'est ce qu'il y a et autre... Et je pense qu'il y a une série de questions et je vais devoir aller voir mon secrétaire communal et de voir les choses et c'est moi qui serai mis en cause ainsi que le centre culturel Jacques Franck qui a reçu l'autorisation d'afficher, soyons clairs... Et c'est ainsi qu'on a un souci, c'est nous qui avons un souci à titre personnel en termes de responsabilités. Et c'est là que moi j'ai un problème, je vous le dis clairement, c'est un choix à poser on est tout à fait d'accord, mais vous me mettez en cause professionnellement...

André Golberg – Moi je pense que d'un point de vue médiatique... enfin non pas médiatique mais du point de vue même du sens, d'accepter qu'une exposition comme celle-ci se fasse sur le territoire de St Gilles est bien plus positif pour St Gilles que négatif pour tout ce que j'ai pu entendre ce matin... Le fait de dire une Commune accepte de laisser les artistes s'exprimer sur la société aujourd'hui c'est bien plus positif pour la Commune de St Gilles et pour à la rigueur son pouvoir communal que de dire au bout de trois semaines on a constaté qu'il y avait des choses qui ne convenaient pas et on se retire parce que là alors là c'est négatif... le message que donne la Commune est bien plus négatif... Laisser la possibilité de poursuivre l'exposition c'est grandir l'idée qu'on se fait de la gestion communale... Ne pas le faire, et là on va te dire c'était prévu et donc ça ne nous étonne pas. Et là c'est un risque je pense pour la Commune...

Decaux – je peux vous dire entre parenthèses que moi je travaille pour Decaux depuis 12 ans et je couvre à peu près la moitié du territoire, une soixantaine de communes, et je trouve dommage parce que très courageux au départ, je ne veux pas encenser M. Spinette mais ce genre de choses n'est pas facile et la plupart des Communes je pense ne se seraient pas donné le luxe... ce ne serait même pas arrivé jusqu'ici. Et donc ce genre de débat cela se retourne apparemment sur certains, c'est quelque part dommage, peut-être qu'il y a moyen de trouver une solution un peu plus intermédiaire mais c'est déjà très courageux et signe d'une grande ouverture de ne pas avoir dès le départ mis un niet. Parce que à mon avis vous n'êtes pas les seuls à avoir eu ce genre d'idée et il y a sûrement eu d'autres communes à avoir été sollicitées et à mon avis elles ont dit dès l'abord non et elles sont sûrement elles-mêmes très ciblées par rapport ce qu'elles acceptent ou n'acceptent pas... Et là c'est le Collège en son sein ou d'après ses organes qui décide, parce qu'elles n'ont pas le temps... pas le courage...

Frédéric – cette affiche a été installée sans problème en Angleterre dans des panneaux type Decaux...

Decaux – En Angleterre, ils sont aussi très attachés à la liberté d'expression, beaucoup plus que nous, c'est un exemple pour nous. D'ailleurs pour ce que je sais c'est une vraie démocratie. ça pose question. On a d'autres supports qui ne sont pas régis par ce genre de contrats nous faisons des panneaux d'affichage libre et ce genre de choses est possible... Et là c'est la Commune ou l'éditeur qui sont responsables. Nous avons dans la Commune des affichages libres, chaque Commune a d'ailleurs l'obligation d'avoir des espaces d'affichage libre pour éviter l'affichage libre sur lesquels les gens doivent malheureusement souvent poser des timbres... Mais ici c'est un support qui est délicat. Nous aussi on est exposés. Je ne sais pas si vous vous souvenez de cette affiche pour Gaïa qui représentait une oie habillé un peu en sado-maso... C'était pas facile, on s'est fait aussi caresser... Epignac ou d'autres sociétés alimentaires viendront plus chez nous... On a aussi des pressions. Nous aussi de temps en temps on pose des choix...

bernard – On vous plaint ! Decaux, la multinationale, vous vous partagez le mobilier urbain à travers tous les continents et vous venez pleurer dans nos bras...

Decaux – je vous prends au mot, sincèrement à notre place si c'est possible...

bernard – On ne se met pas à votre place... On n'est pas du même côté quoi...

Decaux – ben justement essayez de traverser la frontière moi c'est ce que j'essaie de faire depuis 1h30 que je suis ici... Donc essayez aussi de venir vers moi, moi j'essaie de venir vers vous... A notre place vous préférez quoi le lobby d'Epignac, de Delaize ou de GB ou faire plaisir à Gaïa qui fait une campagne tous les 10 ans. Nous aussi de temps en temps on pose des choix. Et on fait pas toujours le choix des porte-feuilles...

André Golberg – Ici c'est une tentative de proposer autre chose dans un espace qui n'est pas réservé à cela, on est d'accord, c'était une possibilité de montrer quelque chose de différent qui pose des questions etc.

T. van Campenhoudt – Je pense qu'on doit remercier Jean Spinette effectivement et la Commune... je pense aussi que l'attitude de Decaux de manière gérérale mais surtout de Monsieur et Madame est très positive...

André Golberg – Bien sûr, mais ça ne règle pas le problème...

T. van Campenhoudt – Monsieur n'incarne pas le pouvoir des multinationales à lui tout seul... il ne porte pas toute cette responsabilité... Ecoutez-moi j'ai vu hier des ouvriers des forges de Zeebruge qui manifestent pour leur emploi parce qu'ils construsient des obus à sous-munitions machin... Ils sont en train de défendre leur emploi et en même temps de l'autre côté il y a un débat sur l'éthique qui dit, arrétons de fabriquer des mines anti-personnelles...

Benoit – Tout est de la faute des ouvriers, je l'ai toujours dit...

T. van Campenhoudt – Non non c'est pas ça que j'ai dit...

bernard – La domination en costume cravate est toujours plus souriante... ça c'est sûr quoi, vous avez le langage, le marketing [Decaux enlève sa cravate] Mais non tout ce que vous voulez, vous pouvez vous mettre en chemise Lacoste... La violence marketing est souriante, par essence quoi. La violence symbolique... c'est du consentement, vous créez le consentement...
decaux – je peux vous dire une chose sincèrement ? Ça nous prend beaucoup de temps, ça nous a déjà pris beaucoup de temps pour faire tout ça... si vraiment j'étais fermé, si je rentrais dans l'étiquette que vous voulez m'imposer... je ne serai pas ici depuis une heure et demi... Moi je peux faire court... je sors, je dis... C'est lui [Spinette] qui aura un problème et pas moi... Moi j'applique stricto senso le contrat avec la Commune...

Frédéric – Vous n'êtes pas fermé nous vous écoutons...

Decaux – j'ai pas arrété de m'exprimer... Concrètement je veux bien le répéter. En deux mots, le Collège a son travail à fournir et je ne pense pas que ce sont les frêles épaules de M. Spinette qui doivent supporter tout ça... Donc je pense qu'il y aura une décision du Collège par rapport à ça... et je les plains parce que ça va aussi leur prendre beaucoup de temps et donc il y a aussi un choix politique par rapport à la façon dont ils gèrent leur temps. Mais ça c'est pas mon problème. Et nous après une fois qu'on aura des visuels qui auront été acceptés par l'autorité communale nous mêmes nous ferons notre travail très conséquent qui est de voir affiche par affiche et si on n'a pas de problème par rapport à ça, par rapport aux engagements contractuels non seulement dans le cadre du contrat mais aussi par rapport à l'opinion publique en son sens large parce qu'on est responsables des messages qu'on affiche. On sera tout à fait disposés à avoir un regard le plus ouvert possible, avec le plus d'empathie possible, sans avoir de préjugés, parce que je ne suis pas sûr que tout le monde soit capable de faire ça dans cette salle, être assez ouvert et ne pas avoir de préjugés. Et alors on fera ce travail-là et on sera ravi d'apporter notre contribution...

Frédéric – Et en deux mots les critères seront lesquels pour qu'on ne travaille pas en vain ?

Decaux – Mais je l'ai dit cent fois... je veux bien le redire... ça peut pas être commercial, ça peut pas être contraire aux bonnes moeurs, ça peut pas être confessionnel et ça peut pas être politique... Et si vous voulez je peux vous l'écrire...

Frédéric – Oui mais là on est dans une exposition art et activisme...

Decaux – vous n'avez pas choisi le bon support... Vous ne le saviez pas...

Olivier – Moi là-dessus j'entends ce que vous dites mais je pense que ça vous n'avez pas le droit de nous le dire. Nous on fait notre travail, on fait un travail de réflexion par rapport au support on fait notre métier...

Decaux – je ne juge pas votre travail...

Olivier – Si vous me dites on ne peut pas se payer ce travail là c'est différent, nous on fait un travail par rapport à ce support, par rapport à l'espace public, par rapport à vos panneaux...

bernard – qu'on n'aime pas... On n'aime pas ce que vous faites... C'est clair, c'est pour ça qu'on rentre... On n'a pas écrit « Decaux gros con ! ». On n'aime pas ce que vous faites, donc nous on a voulu rentrer justement dans ces espaces-là qu'on aime pas... parce que on s'est dit...

Decaux2 – c'est un peu un contresens...

bernard – Mais c'est quoi le rôle d'un activiste c'est de pénétrer dans un endroit... Nous on ne fait pas péter des bombes, c'est des trucs culturels... c'est de rentrer dans un endroit et de le faire résonner. On a réussi à le faire résonner... le fait de rentrer dans ces panneaux c'est l'endroit pour notre travail.

Jean Spinette – La discussion avec André depuis le départ, j'ai dit que l'usage de ces Decaux ne pourrait pas se faire si on attaquait le concept même de ces Decaux. Parce que ça faisait partie de l'essence même de la chose...

Olivier – mais ça a toujours été le boulot de l'artiste... Même dans les églises... depuis le XVIème siècle...

Decaux2 – en tous cas ça va inciter la société Decaux à être beaucoup plus vigilante. Ça va avoir des conséquences chez nous parce que c'est la première fois qu'on a ce genre de soucis et maintenant on va être beaucoup plus vigilants et beaucoup plus carrés...

Decaux – Là le débat a dérapé parce que maintenant monsieur dit clairement qu'il n'aime pas ce qu'on fait... C'est tout juste s'il ne dit pas qu'il n'aime pas ce qu'on est...

bernard – Ce que vous faites je n'aime pas...

Decaux – oh c'était limite hein !

Frédéric – Allons, allons... Vous êtes quelqu'un qui a de l'humour...

Decaux – On représente l'anti-culture, tout ce qui est contre la culture... moi j'étais même pas là pour parler de ça...et à la limite que vous m'aimiez ou que vous ne lm'aimiez pas...

bernard – ce que vous faites j'ai dit...

Decaux – oui, bon...

bernard – c'est pas la même chose...

André Golberg – Je crois que tout le monde a dit ce qu'il avait à dire...

frédéric – Justement, est-ce que les artistes peuvent se retirer pour se concerter et revenir dans deux minutes...

bernard – On fait une déclaration commune comme ça. Je voudrais m'excuser personnellement si vous vous êtes senti blessé, je n'ai rien contre vous mais nous avons quand même une certaine amertume du fait que nos travaux ont été retirés de l'espace public et nous participons à une exposition a(rt)ctivisme et qu'est ce qu'on fait, notre travail. Et on le fait de façon professionnelle, il y a 5 affiches qui ont certainement une valeur commerciale qui ne sont pas revenues et qu'on a vu toutes nos affiches qui disparaissaient. Donc on a une amertume. Nous décidons de nous retirer des panneaux Decaux par nous mêmes. Alors soit on sort de deux manières différentes. Soit on crie à la censure, ou soit il y a une porte de sortie qui est ces affiches là, qui ne nous appartiennent pas, qui font partie de l'église St Boniface qui est une cause qu'on voudrait bien soutenir. On peut voir si ça correspond à Decaux, on peut voir si ça correspond à la Commune. Donc ce sont des portraits de sans-papiers. Donc nous on se retire et on laisse des portraits de sans-papiers à la place de nos expositions...

Benoit – L'essentiel c'est des gueules d'amers avec à chaque fois des photos d'un voisins qui les soutiennent... et ça ce sont des gueules d'absents, ce sont des gens qui sont en centre fermés...

Decaux – C'est pas à moi de... moi une fois que le Collège aura mis son aval, ma direction et moi-même on analysera ça avec ... De prime abord, je ne vois pas spécialement d'objections. Si ce n'est que déjà il faut d'abord voir par rapport à la personne, elle même si elle...

frédéric – On a les autorisations...

Benoit – elles sont dans le cadre d'une exposition déjà... C'est affiché en magasin...

Jean Spinette – Est-ce qu'il y a possibilité de trouver une autre opération que nous pourrions de manière collective choisir...

bernard – Non c'est ça qu'on vous propose...

Olivier – On n'a pas d'autre proposition...

bernard – c'est la porte de sortie qu'on met sur la table. On met ça comme porte de sortie honorable pour vous et pour nous... C'est ça la négociation...

frédéric – Y'a pas moyen de soumettre ça au Collège ?

Jean Spinette – Si... je vais soumettre ça au Collège mais je pense que je vais poser une série de questions juridiques, je pense qu'il y a le problème du temps d'une consultation juridique... avec un spécialiste en termes d'affichage... de droit d'auteur...de plein de choses...

Manu – Les auteurs eux mêmes ont produit les affiches... Y'a pas de problème de droit d'auteur puisque les auteurs eux-mêmes qui veulent afficher... Y'a aucun problème de ce point de vue là...

frédéric – C'est aussi un travail artistique, il est moins politique, il est plus humain seulement...

bernard – C'est des portraits de gens qu'on ne voit pas en général...

T. van Campenhoudt – je pense que ça vaut la peine de...

Benoit – Elles sont pas politiques au sens de message politique direct...

Decaux2 – Et quel format ?

Olivier – Elles sont au format...

Jean Spinette – Et y'a quoi de marqué dessus à chaque fois en fait ?

bernard – C'est des visages de personnes et leur trajectoire, leur histoire, en 5 lignes...

Benoit – Là je ne les ai pas mais je vais avoir toutes les affiches imprimées donc vous pourrez...

T. van Campenhoudt – En tous cas merci d'avoir fait cette communication collective... qui remet un peu les choses...

Frédéric – On essaie d'être constructifs...

T. van Campenhoudt – voilà

bernard – ben ça vous permet de sortir de façon honorable et nous aussi. Sinon, on fait un truc offensif quoi...

T. van Campenhoudt – Non je parlais des excuses que vous...

bernard – Ben oui voilà... je n'ai rien contre vous...

T. van Campenhoudt – Parce que effectivement, on représente des choses mais nous ne sommes pas les choses...

bernard – tout à fait...

T. van Campenhoudt – Nous ne sommes pas des choses non plus d'ailleurs... Et effectivement je trouve que ça vaut la peine de prendre le temps de voir si on peut trouver une porte de sortie honorable pour chacun...

Frédéric – avant la fin de l'exposition...

Decaux – Je vous remercie en tous cas et j'accepte avec plaisir, je voulais aussi tourner ça un peu en dérision... c'est pour ça que j'ai enlevé ma cravate d'ailleurs aussi... Et sans vouloir aller trop loin, je pense que c'est pas sûr que beaucoup d'autres gens se seraient donné la peine de venir vous écouter... je pense que c'est déjà une forme de respect de venir vous rencontrer, de vous en parler, de venir vous expliquer eT. van Campenhoudt. ça a été mal perçu et je le comprends qu'on ait enlevé les affiches mais on pouvait pas faire autrement... et le fait qu'on veuille venir vous en parler, qu'on prenne le temps, qu'on essaie d'être ouvert. Voilà... donc je ne suis pas vous mais j'essaie de me mettre à votre place et par rapport au mandat que j'ai et aux responsabilités que je dois assumer je ne pense pas pouvor faire beaucoup plus que je ne le fais actuellement.

André Golberg – Bon soyons concret, si on pouvait ne serait-ce que disposer des affiches, y'en 15, au format A4 qu'on puisse donner à Jean le plus rapdidement possible pour qu'il puisse soumettre à...à...

Jean Spinette – bon je pense que c'est toute la question... Quelque part c'est vrai vous venez en échange de votre pratique artistique avec une autre pratique artistique que vous conditionnez comme affichage à un retrait d'un positionnement plus incisif à notre égard par rapport à ça... Je vais voir... C'est clair que de ce côté là, je vous en parlais hier, cette campagne d'affichage, ça implique... et peut-être ça met en cause, ça peut avoir des répercussions politiques par rapport à d'autres niveaux de pouvoir (inaudible)... Voilà je ne sais pas comment le Collège va se positionner là-dessus...

André Golberg – Au niveau du timing...

Jean Spinette Au niveau du timing... je vais poser la question dès que nous serons sortis de cette réunion-ci... j'ai annulé mon rendez-vous qui suivait... je pense qu'il va y avoir une question d'analyse juridique... J'avoue que ce conditionnement me met un peu aussi mal à l'aise... je vais poser la question à haute voix... Je ne sais pas dans quelle mesure la société Decaux l'assumera aussi...

Decaux – ça je ne peux pas en référer seul...

Olivier – En même temps à partir du moment où il y a un accord avec Decaux que la Commune peut utiliser une partie des panneaux pour un affichage d'intérêt général et que la Commune garantit qu'il y a un projet qui se passe dans ce cadre là, d'intérêt général, Decaux peut appliquer sa propre vigilance, son propre filtre, mais ce n'est pas eux qui décident vraiment, la garantie de la Commune est déjà beaucoup...

Decaux – on ne peut pas se dédouaner...

frédéric – mais si on ne dépasse les règles et comme ici on ne dépasse pas les règles...

Decaux – je vais vous donner un exemple par rapport à ceci... Le problème que je pourrais voir moi ici, en tant que Van Kerckove, c'est que ça attaque plutôt le gouvernement...

Benoit – ça attaque pas le gouvernement...

Decaux – le gouvernement pourrait éventuellement se sentir... embêté, c'est ça le mot ?... par ce genre d'affiches, alors là où nous on peut être mis en question c'est d'une part parce qu'on est co-responsables... ce n'est pas parce que le Collège dit que eux prennent la responsabilité que nous on se dédouane. Et aussi au niveau de l'image, ça peut aussi nuire à notre image et donc nous aussi on doit être vigilants... Attendez ! Là je ne fais que poser les balises, je ne dis pas de quel côté ça va pencher... ce ne sera pas à moi d'en juger, je serai très ravi d'utiliser mon parapluie et de renvoyer cela à quelqu'un au-dessus de moi... Et heureusement il y en a

Benoit – et vous pourriez soumettre cela assez rapidement ?

Decaux – oui bien sûr.

bernard – Comme ça on vous les envoie par internet et on peut déjà travailler de votre côté la hiérarchie et du côté communal l'autre et on voit assez rapidement si c'est possible...

Decaux – de toutes façons le timing n'est pas si grave parce que si c'est pas maintenant ça peut être plus tard... je sais que vous avez une autorisation jusqu'au 28 février
bernard – oui mais nous on a d'autres réponses si ça c'est refusé et on veut pouvoir les mettre en oeuvre assez rapidement...

Decaux – parce que nous même si c'est au mois de mars si la Commune est d'accord...on n'a pas de contraintes temporelles

Jean Spinette – le mois de mars c'est l'espace catastrophe...

bernard – on est pressé dans les horaires...

decaux – même ça, pour nous...

Frédéric – nous on veut une réponse d'ici une semaine et demie, il faut qu'on ait deux semaines d'accrochage...

Jean Spinette – oui c'est ça...

Decaux – les grosses multinationales travaillent très rapidement...

bernard – t'aurais dû dire trois jours ! Bon efin ce serait bien que ça aille vite...

Decaux – on se veut pro-actifs...

bernard – Donc on voit ça très rapidement, Jean fait la même chose de l'autre côté et on se téléphone demain et on voit ce qui s'est passé côté communal et côté Decaux...

Jean Spinette – Dis on est vendredi, demain c'est samedi...

bernard – alors lundi soir...

Jean Spinette – Il faut bien une semaine et demie... le temps que le collège...